Journal 66

Les hommes ne sont convaincus de vos raisons, de votre sincérité, et de la gravité de vos peines, que par votre mort. Tant que vous êtes en vie, votre cas est douteux, vous n’avez droit qu’a leur scepticisme.

A. Camus, La chute.

Et de ton vivant, il faut que tu sois pour eux un gain perpétuel, sinon rien.

CHumain

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Une page de vie D’UN écorché

Septembre 2013

(1) JOUR 1

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Je suis un parfait inconnu ici !

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Septembre 2008 : Première expérience personnelle d’état modifié de conscience

Nous sommes arrivées à l’ère de la connaissance ultime.

« La connaissance universelle.

Celle qui fait partie du Tout dans le Tout.

Intégrant notre corps et l’Esprit en même temps que tous les Éléments.

La parfaite symbiose, en adéquation totale avec notre propre nature.

L’heure est venue de nous réveiller et ainsi, de stopper net notre existence dans le monde des apparences. »

Un monde qui n’est pas propre à notre nature originelle. Un monde créé par notre décision mentale isolée des réels besoins de filiations du corps. Provoquant ainsi un déséquilibre dans la compréhension et l’acceptation des phénomènes fondamentaux qui eux puisent leurs sources dans notre nature ancestrale. L’ensemble de ces Éléments fondamentaux nous constituent et sont intégrés à notre propre corps. Ils sont omniprésents en nous et sont là pour déclencher :

« La mutation cérébrale instantanée et radicale. »

Admettre notre corps en l’intégrant à la vie, c’est être en prise directe avec notre réelle existence. Sans interférence, ni science ni doctrine, ni aucune interprétation faite sciemment pour nous embrouiller l’esprit et ainsi empêcher la mutation. Cette nouvelle vie qui prend ses racines à la source de notre véritable nature.

Donc – En comprenant et en admettant la souffrance que ce déséquilibre génère et que chacun de nous porte en soi à un moment ou un autre de son existence.

En considérant, sans l’occulter, que cette souffrance fait partie de notre vie intérieure et extérieure, de près ou de loin, imprégnant toutes choses sans distinctions jusqu’en nous-mêmes. Freinant, déviant toute évolution naturelle, nous détournant de notre but en nous avilissant et bien plus…

Il va de soi qu’il est urgent de faire cesser cette souffrance afin de reprendre le véritable cours de notre existence. Alors que notre notable destiné, notre pur héritage universel reste en suspend.

Pour cela, il faut simplement que tous, sans exception, nous arrêtions de souffrir au même moment !

Oui c’est possible !

– Stopper d’émettre toute forme de pensées négatives, mais pas seulement…

 

(2) JOUR 2

Ce matin je me sens perdu. Je n’entrevois aucune solution à mon avenir. C’est effrayant ! Permettez-moi de me présenter, je m’appelle Paul, j’ai 44 ans, et pour résumer, je suis en arrêt maladie volontaire depuis plus d’un mois, je vis seul dans une petite maison dont bientôt je ne pourrai plus payer le loyer. J’ai du mal à communiquer avec les autres et même à échanger avec ma famille, tous mes amis ont disparus. C’est angoissant ! Je n’ai plus goût à rien. Manger m’est difficile ! Je traine lamentablement du canapé au lit et du lit au canapé.

Cela ne m’intéresse plus de « sortir ». Je me sens mal à l’aise en ville, à mes yeux la vie y a pris un sens artificiel que je ne supporte plus. J’ai l’impression de vivre au cœur d’un dérèglement organisé et malsain. Tout est toujours pareil, les mêmes rues, la même agitation inutile, les mêmes gens entassés, égocentriques avec leurs fausses politesses, tous déjà vu avec les mêmes intérêts, discutant de leur petit monde égoïste plein de clichés étriqués blablabla… Au secours !

Je me sens vide !

Je ne comprends pas la logique de cette organisation, ou plutôt je la comprends trop bien maintenant…

Tout ce qui faisait ma vie et le peu d’engouement que j’avais pour elle, tout a disparu !

Oui Le Vide !

Que faire si plus aucune distraction ne m’attire maintenant que je ne passe plus le reste du temps à travailler ?

Car c’est bien comme ça que nous occupons nos journées le plus souvent et principalement nos vies : Travail/Distractions ou Tension/Détente ou plein puis vide.

Nous sommes des espèces de ressorts, des réceptacles !

Et travailler à quoi, se distraire de quoi ? Même au repos la machine à penser est encore en activité. N’est-ce pas futile ? N’est-ce pas une fuite ? N’est-ce pas simplement le fait de détourner volontairement notre attention d’une chose que de garder toujours notre esprit occupé à une autre ? Et se détourner de quoi ? L’ennui, l’inaction, la sensation d’être inutile, de ne rien faire de productif en ce monde ?

  • J’ai l’intime conviction d’avoir fini par comprendre ce qu’est cette « chose » d’où elle vient et où elle va, et cela ne m’amuse plus, cela ne me distrait plus, cela ne m’intéresse plus ; cette « chose » ce désir, ou plutôt ce besoin, ne fait plus feu en mon antre.

Est-ce une finalité que d’avoir tout fait dans la vie pour en apprécier chaque parcelle ? Puis au soir, se coucher sans remords. Le culte du cœur en fête à la tête remplie de joie, comme à l’autosatisfaction et à l’apaisement tant d’idioties s’accumulent et où tant d’imbéciles poltrons s’actives. Mais que sais-je de plus ?

La sensation de vivre un moment unique, hors du temps qui fige, être imprégné de l’instant et en quelque sorte, s’oublier !

  • Ne suis-je pas plus ni moins qu’une marionnette tenue par des fils sensoriels en quête de sensations au milieu de tout ce marasme social ?

Tantôt heureux, triste, excité, bienveillant, absorbé, enivré, complaisant, fâché ou en parfait accord. Est-ce cela le but de l’existence et de ses agréments ? Est-ce cela Vivre ? Échapper à l’ennui ; au vide ?

N’est-ce pas repousser la mort un peu plus chaque jour par des artifices théâtraux pour la détourner ; pour la nier, et ainsi regarder ailleurs ? Que ferions-nous avec nos sens s’ils étaient, éduqués, stimulés d’une façon différente ; sans craindre de mourir ? Où en serions-nous dans l’acceptation de la souffrance ; la connaissance de la mort qui fait renaitre libéré de toutes enclaves ?  Serions-nous autant investis par nos activités actuelles pour ce qui en est de la défense de nos droits et de ses périmètres toujours changeants ? Accepterions-nous l’inacceptable, encore une fois, en nous détournant de la réalité par crainte de tout perdre ; nos acquis si chers à nos yeux ; notre vie individuelle ?


Mourir à soi même comme une étape obligée de l’existence humaine…


Si vous voulez tout savoir, mon pays a subit un tremblement de terre il y a quelques années, tout s’est effondré et mon gouvernement à lâcher prise durant la nuit. Au lendemain de la catastrophe, alors que tout était détruit, les arbres et les couleurs resplendissaient comme des éclats de milles feus. L’air était devenu plus respirable et les idées semblaient plus claires dans ma tête ! Puis une seule pensée comme une voix au loin :

« Quelque chose hante le monde d’une triste joie funèbre. Et cela fait des miracles ! »

La mort omniprésente comme l’oubli et le dur rappel de ce qui fut la veille revenait petit à petit à la mémoire. Pas de corps écrasés aux alentours, pas de sang sur les murs ni aucun autre que moi. Comme seul au milieu d’un désert, le cœur en ébullition et rempli de joie, je battais déjà le pas d’enthousiasme. Une foule de choses étaient à reconstruire ! L’œuvre pouvait commencer ! Miracle ! La clé de voute venait d’être trouvée !…

Suite des 66 jours ici : Journal 66 suite

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