Moscou

11 juin 2013

Voilà, je suis à Moscou et j’ai l’impression de n’être nulle part. Les bandes plates blanches étalées sur la chaussée, ressembles à des corps écrasés !

Je suis là parce que matériellement je me vois.

Le coin vitré de la fenêtre et les nuages derrières, me donnent du souci.

Je ne ressens pas de plaisir à exister, mais désirs sont maudits. Je suis devenu insensible à tout plaisir extérieur.

Un poids, une souffrance incontrôlable, une trahison, un mensonge, je ne contrôle plus rien. Je, je, je, je, je, je me laisse aller au temps qui m’affecte.

J’attends, mais quoi ? A quoi bon exister, si c’est pour mourir de secondes en secondes ?

Je dois, mais je ne sais pas. Je ne m’impose pas à la vie.

Je suis mal. Je souffre de tout. Et tous ces gens bourrés de rituels, de convenances, d’affectations, de fonctions, de peines. Tous ces gens esclaves, rivés dans leurs conditions. Tous ces gens qui travaillent pour deux sous, et qui restent, et qui trouvent un intérêt à leurs fonctions. Tous ces gens que la chaleur anime. Un mot, une parole, un sourire, une gratitude, et le bonheur est fait. Puis, un nuage, une ombre, qui s’abat comme une colère. Un ressenti, une sensation, une peur, une crainte, et tout s’effondre, et tout s’écrase, et tout devient lourd. Cela doit cesser !

Un désir de tout arrêter, de basculer, de se sauver. Comme échapper à une catastrophe qui gronde et  menace.

Le dormeur qui attend

À la santé de ce qui tourne !

Comme une vague mourante,

Quelque chose glisse et va,

S’échappe en rampant, car on ne s’en aperçoit pas…

Les désirs sont là, tenaces entêtants insurmontables ! Le chagrin de ne pouvoir les atteindre est encore plus fort !

L’Amour ne coûte rien et on lui coupe les vivres !

Errance, tendance nocturne

Grésillement, radio d’infortune.

Passe droit, protection assurance convenance élégance. Et toi le dormeur qui attend qu’on ouvre les volets, respires !

Quel est ton entrain ? D’où vient ta verve ? Est-ce nécessaire de le savoir ?

Que cherches-tu derrière les mots ?

Du maquillage, de la mascarade ! Avalanche de baisers, farandole de puceaux tenant la chandelle.

La vision d’une vaste étendue se dégageait derrière les cyprès…heuu Le bâtiment aux briques noirâtres faisait bonne figure, il plongeait littéralement dans le caniveau avec toutes ces ordures écœurantes. Cela lui donnait son charme, on l’aimait pour ce qu’il convenait de s’entendre à lui accorder.

Piétiné, éclaboussé par tant d’injures, les murs s’en trouvaient lacérés.

Craquelés, craquelant, nonchalamment les passants s’étouffaient à force de craquelures.

Ne pourrait-on pas revenir en arrière au lieu de toujours vouloir nager à contre courant ?

Est-il permis de ne pas répondre quand la question se fait pressante ?

A-t-on l’habitude de dire amen plutôt que de dire : amen est devenu une habitude ?

C’est-on vraiment ce que c’est de dire oui ?

La sagesse à des vertus que la vertu ne connait pas.